Violences gynécologiques

Comme beaucoup de femmes, j’en ai entendu parlé. Et bien sûr, je ne pensais pas que cela pouvait m’arriver. Et dans mon fond intérieur, je pensais qu’on faisait beaucoup de « blabla » là-dessus. Aujourd’hui je m’excuse auprès de toutes les femmes pour avoir eu ses pensées.

J’ai eu une épisiotomie, elle était consentie. Le corps médical a bien fait. Mes points ont sauté. On m’a recousu deux fois. La deuxième fois dans des conditions atroces. C’est deux jours après cet événement que mon infirmière m’ parlé de violences gynécologiques. Mon entourage en était contenu mais personne n’a osé m’en parler.

Quand je suis arrivée la deuxième fois pour être recousue, je n’ai pas été en salle de naissance mais en salle de consultation. La gynécologue s’est installée, j’ai demandé où était le gaz hilarant (la première fois on m’avait « endormie » de cette façon). Elle m’a dit qu’on ferait sans, qu’il n’y avait qu’un point à faire. Elle m’a donc anesthésié localement. Puis elle a commencé à recoudre. J’ai hurlé en disant que je ressentais tout. Mais elle a continué. Il n’y avait pas qu’un point mais trois. Elle a eu raison de me recoudre, c’était la seule chose à faire. Je savais que j’aurais mal. Mais bien entendu pas à ce point. Je pense avoir plus hurlé que pour mon accouchement. Je sentais les trous qu’elles faisaient et les fils qui passaient entre. Lorsqu’elle a eu fini, j’ai fait un malaise. Un autre gynécologue est entré dans la pièce et les sages-femmes semblaient être gênées.

Quand les fils ont été retirés, la gynécologue s’est d’abord excusée pour les conditions. Elle m’a expliqué qu’il n’y avait pas assez de personnels et de salles de disponibles pour m’anesthésier correctement. Elle m’a ensuite dit qu’elle avait regretté de m’avoir recousu. Moi je ne lui en ai pas voulu, c’était la seule chose à faire et finalement heureusement qu’elle l’a fait. Car oui, quand les points d’une épisiotomie sautent on ne recoud pas systématiquement. Ce sont des soins de confort fait au bon vouloir du médecin. On préfère laisser une femme avec une plaie ouverte qui va mettre des mois à s’en remettre plutôt que de la recoudre. On me l’a expliqué la première fois où j’ai été recousu.

Moralité : Un ami rugbymen s’est ouvert l’arcade, il a été mieux recousu et dans de meilleures conditions que moi. Moi j’ai donné la vie, lui a joué au rugby.

Alors oui j’en veux au système ! Il m’a fallu un mois pour remarcher, pour pouvoir faire un tour de poussette avec ma fille, pour pouvoir lui faire l’intégralité de ses biberons, pour pouvoir l’emmener seul à ses rendez-vous médicaux … pour pouvoir être mère tout simplement. Avec du recul, j’ai l’impression qu’on m’a volé ses moments. Et je suis surtout énervée que l’on me dise que j’ai eu de la chance d’être recousue !!

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